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Biocarburant ?

samedi 18 août 2018, par Axelos

Le terme manipulateur

Tracteur déversant des produits chimiques

Nul besoin d’aller fouiller bien loin pour trouver la raison de l’usage du terme « Biocarburant », Wikipédia le faisant très bien :

L’expression « biocarburant » (formée du grec bios, vie, vivant et de « carburant ») indique que ce carburant est obtenu à partir de matière organique (biomasse), par opposition aux carburants issus de ressources fossiles. L’appellation « biocarburant » a été promue par les industriels de la filière et certains scientifiques. Biocarburant est la dénomination retenue en 2003 par le Parlement européen.

En clair, le bon filon a été trouvé pour faire passer ce marché dans le concept de l’écoblanchiment, qui consiste à surfer sur la vague de l’écologie pour promouvoir ce nouveau procédé de substitution au pétrole.

Sauf qu’en réalité, il s’agit de l’une des plus grosses arnaque qu’il puisse exister, en nous faisant miroiter l’usage d’un carburant plus écologique, et donc une satisfaction personnelle en tant que consommateur, alors qu’il n’en est rien.
Le « biocarburant » ne mérite donc pas son nom.

L’huile de palme, est-ce vraiment nouveau ?

Je me permets aujourd’hui d’écrire de ce sujet dans cet article, car, bien que cela soit déjà devenu la norme depuis quelques années, l’importation de l’huile de palme par Total en France défoule les passions des agriculteurs.
Pourquoi la norme ? Tout simplement qu’alors que cette fameuse future « bioraffinerie » n’existe pas encore, l’exploitation la plus importante de l’huile de palme importé en Europe - qui comprend la France je le rappelle - est déjà utilisé dans les carburants [1] !

D’un côté on nous rabâche sans cesse qu’il faut limiter notre consommation de Nutella et de tout autre produit alimentaires comprenant de l’huile de palme, pour une question sanitaire [2] certes mais aussi écologique [3] , parallèlement on en injecte à outrance dans les carburants, ni vu ni connu …
On voit bien ici que l’aspect financier provenant du système capitaliste semi-mondial prévaut toujours sur la logique planétaire.

Les ressources biologiques sont-elles vraiment moins nocives pour notre planète que le pétrole ?

Taux de retour énergétique

Au-delà de la vision financière de l’extraction et transformation d’une matière, il y a toujours un gain d’énergie à attendre au final, sinon nous produisons à perte.
Ce que je veux expliquer par là, c’est que toutes productions de matière qui à vocation de créer de l’énergie, nécessite elle-même de l’énergie pour être créé. En soi il faut que la matière produite consomme moins d’énergie que celle qu’elle va produire. C’est ce que l’on appelle le « Taux de retour énergétique ».

Ainsi en jetant un œil sur cette explication [4] à ce sujet, nous pouvons y visualiser des indications très révélatrices sur ce qui concerne les matières premières des carburants utilisées traditionnellement dans nos véhicules à explosions : Le pétrole à un ratio d’environ 1:30 (donc il produit 30 fois plus d’énergie qui n’en nécessite pour être extrait), alors que l’éthanol et les huiles ont un ratio de 1:1 à 1:2.

On comprend donc que la production de carburants à base de ressources biologiques produit à peine davantage d’énergie qu’elle en consomme !

Les causes sont larges, la superficie des terres exploitées, les véhicules récoltant ces matières, les véhicules transportant ces matières, d’énormes installations industrielles transformant les matières, et surtout les produits utilisés pour y parvenir …

La face caché du carburant à base de ressources biologiques Française

Nous l’avons vu précédemment, l’éthanol et les huiles ayants un ratio TRE extrêmement faible, il faut alors leur réserver une quantité de surface exponentielle de nos terres cultivables. D’énorme machineries et d’engin agricole pour les travailler, les extraire, d’autres pour les transporter, et enfin des raffineries pour les transformer.

Il ne faut pas oublier que de telles quantités de productions exigent l’agriculture monoculture : l’utilisation de produits chimique en masse est alors inexorable.
Des produits tels que le glyphosate tant décriés ces dernières années, restent de fait incontournables.

Ensuite, le travail en raffinerie demande l’utilisation de produits chimiques pour transformer la matière première récoltée en carburant. Qui dit usage de produits chimiques, dit rejets de produits chimiques, encore une fois dans la nature.

Conclusion

Alors que l’éthanol et les huiles sont perçus comme une solution intéressante pour limiter la consommation de pétole, en réalité il n’en est rien.

Il s’agit d’une très mauvaise solution qui ne résout aucunement le problème majeur qui engendre la consommation ahurissante de pétole : l’usage intensif des véhicules motorisés à explosion.

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