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Le pistage numérique

dimanche 11 juin 2017, par Axelos

Il s’agit là d’un article prologue, d’autres en découleront ces prochains mois, peut être même années sur des solutions pour contrer les différents pratiques cités ci-dessous.

Présentation

Le pistage numérique, en anglicisme tracking, est le fait de récupérer un maximum de données sur les utilisateurs exploitants les services numériques mis à disposition. Au départ principalement utilisé par des services dits « gratuits » (puisqu’il y a une contrepartie, peut-on encore les considérer comme étant gratuit ?), l’usage du pistage s’est depuis généralisé sur l’ensemble des services, c’est-à-dire y compris ceux payants économiquement parlant.

Le Big Data

L‘intérêt est donc de récupérer le maximum d’informations diverses et variées concernant chaque individu, afin de :

  • revendre ces données,
  • constituer une base de données exploitable sur le moment,
  • constituer une base de données exploitable éventuellement plus tard (le Big Data).

Ces données servent principalement pour le ciblage publicitaire (Criteo, Google, Facebook), des statistiques divers et variés (Proxem), et de la surveillance (NSA, DGSI).

Il y a également des échanges de données entre sociétés, comprenant également des administrations publiques. Par exemple, Google et Facebook fournissent leurs données à la NSA selon le programme PRISM.
D’autres accords non officiellement connus existent certainement.

Le web

Le pistage est arrivé avec Internet. Au départ se cantonnant sur quelques sites web, cela s’est généralisé sur l’ensemble du web durant les années 2000.
Aujourd’hui, hors une partie des petits sites internets personnels comme celui sur lequel vous lisez cet article, plus de 90 % sont concernés.
Oui un Français qui navigue sur le web se fait pister sur quasiment tous les sites qu’il consulte !

L’ordiphone

Il y a ensuite les ordiphones (smartphones), qui a normalisé la pratique. Selon une étude réalisée par la CNIL et l’Inria en 2014, environ la moitié des applications pistes leurs utilisateurs, c’est-à-dire récupère des informations qui n’ont pas d’intérêts pour les usages. Depuis, la situation à probablement empiré.

L’ordinateur

Puis enfin, suite au peu d’intérêt que portent les usagers - d’ordiphones et de services tels que Google et Facebook- pour leur vie privée, se généralise alors désormais le pistage sur les ordinateurs. En bref, dès que vous allumez votre ordinateur, vous êtes pistés !

Le meilleur exemple est sans doute le navigateur internet Google Chrome. Il est devenu en quelques années le navigateur le plus utilisé en France, et de loin. Pourtant techniquement, d’autres alternatives sont plus performantes.
Nous passerons sur ses méthodes de propagation typique de logiciel malveillant (spyware)
puisque l’on sort du sujet, mais la fonction principale de Chrome ne profite pas à l’utilisateur mais plutôt à Google : La société grâce à ce fabuleux logiciel sait exactement ce que font ses utilisateurs sur le web, toutes leurs actions sont envoyées sur les serveurs de Google !

Suite au succès incontestable de la stratégie de Google, Microsoft a fait le choix de rentrer officiellement dans la danse.

Bien que de nombreux experts avaient déjà alerté sur de précédentes versions de Windows, que ces derniers renvoyaient des données étranges sur les serveurs de Microsoft, la société a décidé d’ajouter des closes dans leurs conditions d’utilisation, comme Google auparavant, qui explique en version simplisme, qu’ils se resservent le droit de pister leurs utilisateurs.
Puisque Microsoft Windows 10 se déploie progressivement sans obstacle, la société ne fera certainement jamais marche arrière.

je vous laisse consulter par vous-même ces fameuses conditions d’utilisation trouvable facilement à partir d’un moteur de recherche, je préfère par conviction ne pas mettre de lien pointant vers leurs noms de domaine depuis mon blog.

Conclusion

La conclusion à cette histoire, c’est que le pistage c’est récent, très récent. Ça a débuté il y a 15 ans, et s’est progressivement généralisé sur tous les supports. Microsoft Windows c’était il y a seulement 2 ans !
Mais qu’en sera-t-il dans 30 ans, lorsque des innombrables quantités de données auront été collectés et seront réutilisés au paroxysme de leur potentialité ?
En attendant de connaître la réponse à cette question existentielle, nous pouvons soit fermer les yeux comme visiblement la grande majorité des Français le font déjà, ou soit trouver des solutions pour minimiser notre « emprunte numérique ». Ce qui n’est en pratique pas si compliqué, cela demande juste un peu de motivation…

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