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Ce qu’il ne faut pas faire

jeudi 1er juin 2017, par Axelos

Lors d’un précédent article, je me suis « amusé » à noter la qualité d’aménagements cyclables, sur lesquels les aménageurs s’étaient partiellement inspirés d’un dossier que je leur avais remit. Au final, bien que le résultat soit plutôt mauvais, j’ai tout de même relativisé par rapport à un autre aménagement qui a été effectué lui aussi en 2016, et par la même communauté de commune.

Je suis repassé à proximité de cet autre aménagement, et en ai profité à prendre des photos pour vous partager cette création, qui, il faut le dire, est un exemple à ne surtout pas reproduire !

Il s’agit de l’Avenue du Maréchal de Lattre de Tassigny, à Custines.


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À noter aussi, que j’ai déjà remonté les commentaires qui vont suivre aux aménageurs fin 2016, pour lesquels il n’y a eu aucun retour. Je suppose donc en toute logique qu’ils se satisfont de leurs travaux.

Priorités

Priorités

Sur cette illustration, vous pouvez constater que la voie principale de la route (qui est une départementale pour les détails), est prioritaire dans le carrefour sur une petite rue résidentielle.
« La piste cyclable » qui la longe, elle, a droit à un stop. Vous comprendrez plus tard pourquoi je place cette appellation entre parenthèses.

Hors si on se réfère aux textes du code de la route :

Article R415-6 : A certaines intersections indiquées par une signalisation dite stop, tout conducteur doit marquer un temps d’arrêt à la limite de la chaussée abordée. Il doit ensuite céder le passage aux véhicules circulant sur l’autre ou les autres routes et ne s’y engager qu’après s’être assuré qu’il peut le faire sans danger.

Article R415-14 : Pour l’application de toutes les règles de priorité, une piste cyclable est considérée comme une voie de la chaussée principale qu’elle longe, sauf dispositions différentes prises par l’autorité investie du pouvoir de police.

Article R 415-3 : I. - Tout conducteur s’apprêtant à quitter une route sur sa droite doit serrer le bord droit de la chaussée. […] III. - Il doit céder le passage aux cycles et cyclomoteurs circulant dans les deux sens sur les pistes cyclables qui traversent la chaussée sur laquelle il va s’engager.

Article R415-4 : I.-Tout conducteur s’apprêtant à quitter une route sur sa gauche doit serrer à gauche. [...] III.-Il doit céder le passage aux véhicules venant en sens inverse sur la chaussée qu’il s’apprête à quitter ainsi qu’aux cycles et cyclomoteurs circulant dans les deux sens sur les pistes cyclables qui traversent la chaussée sur laquelle il va s’engager.

Ce que l’on en retient : Stop retire de fait la priorité au véhicule le rencontrant. En parallèle, il est expliqué que la piste cyclable est une voie supplémentairement de la chaussée principale quelle longe, et de fait profite de la même priorité, c’est-à-dire le cycliste est prioritaire sur la traversée.
De plus deux autres textes de lois indiquent que tout véhicule arrivant sur la gauche dans l’illustration doit cédez-le-passage au vélo, intéressant à noter en cas de « sauf dispositions différentes prises par l’autorité investie du pouvoir de police »

Alors qui cède le passage au final ? Eh bien certainement pas le vélo puisqu’il est prioritaire d’après le code de la route ! Ce panneau stop est donc illégal. (À noter que ce genre de situation est très courant, y compris à la sortie des grands giratoires). Cependant, si dispositions différentes prises par l’autorité investie du pouvoir de police, le vélo pourrait alors dans ce cas devoir cédez-le-passage à droite, mais pas à gauche.

Stationnements

Stationnements

Autre détail qui m’a bien laissé perplexe, principalement sur la sécurité du cycliste, les aménageurs se sont amusés à alterner le cheminement sur piste cyclable et bandes cyclables, en slalomant entre les voitures stationnées.
Alors que la principale cause des accidents de cyclistes est l’ouverture d’une portière sans précaution, et, en plus de ne pas avoir proposé une bande cyclable de deux mètres de largeur comme recommandé par le Cerema (ou une piste cyclable avec séparation), n’aurait-il pas été plus judicieux d’éviter de créer inutilement un parcours de combattant pour le cycliste ?

Outres les angles morts et automobilistes ne se donnant même pas la peine de visualiser leurs rétroviseurs, pour les peu l’effectuant, ils ne sont pas de toutes façons dans la possibilité d’anticiper les changements de côté intempestifs. C’est pourtant d’une logique …

Fin de piste

Fin de piste

À la fin de ces quelques centaines de mètres ou les plus chanceux en sortiront finalement indemnes, ils subissent alors le coup du stop ultime. Alors oui, certes il n’y a pas de texte de loi qui interdise celui-ci, mais franchement, quel est l’intérêt de faire cédez-le-passage au cycliste, hors l’inviter à emprunter la voie principale, ou tout simplement prendre sa voiture ? (et après ce qu’il vient de parcourir ça se comprend). D’ailleurs, des places de stationnements se trouvent juste devant le rabattement de la piste, sur l’illustration il n’y a pas de véhicule, mais qu’en est-il de la visibilité si un véhicule stationne sur la dernière place ?
Ou l’art de créer un aménagement cyclable exprès pour dissuader les cyclistes urbains de faire du vélo … car j’ai gardé le meilleur pour la fin !

Oui vous n’avez peut-être pas vu sur la première photo, mais il y avait un autre détail intéressant à y visualiser en arrière plan.

Arrêt de bus

Lorsque la « piste cyclable » - et d’ailleurs c’est maintenant que vous allez comprendre l’intérêt des guillemets - rencontre un arrêt de bus, cette piste se transforme en simple trottoir ou le cycliste doit momentanément pousser son vélo à pied !

Bref, chères aménageurs, surtout ne reproduisez pas cette énorme erreur monumentale de créer un aménagement cyclable ayant pour fonction principale de dé-servir le cycliste, autant en praticité qu’en sécurité.
Car un cycliste ayant de l’expérience n’empruntera pas cet aménagement, mais l’automobiliste qui le rencontrera sur son passage, n’ayant pas conscience du danger que constitue cet aménagement cyclable, n’hésitera pas à son tour, à le mettre d’avantage en danger s’imaginant que la présence dérangeante du cycliste sur sa voie est alors illégitime.

Pour l’exemple donné, puisque qu’il y a du dénivelé, j’y aurais simplement limité la vitesse de circulation à 30 km/h, puis installé une bande cyclable tout du long du sens montant, de 1,5 m et 2 m si présence de place de stationnement, et j’aurais alterné le côté une fois le sommet atteint. Puisque qu’en descendant, le cycliste circule à une vitesse assez proche des véhicules motorisés limités à 30 km/h.

Finalement simple et efficace, pourquoi chercher à faire compliqué et contre-productif ?

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Messages

  • Bonjour Axel,
    je passe régulièrement sur cette route et effectivement, cette piste est complètement inadaptée. Est-ce pour cela d’ailleurs que seul un panneau indication l’indique (panneau carré sur fond bleu) et non un panneau obligation (rond sur fond bleu), d’après mes souvenirs.
    Je reste donc pour ma part sur la chaussée et je n’emprunte plus cette voie.
    Je reste également très perplexe par le revêtement utilité pour cette voie, un revêtement très granuleux par rapport au billard du bitume de la chaussée.
    Une chose est sûre : les aménageurs de cette voie n’ont jamais fait de vélo en ville.
    Nicolas (de l’atelier vélo de Maxéville)

  • Cette rue a été réaménagée après le 1/1/1998 donc selon l’article 228-2 du code de l’environnement il doit y avoir un itinéraire cyclable.
    L’article R412-34-II du code la route affirme : "Sont assimilés aux piétons : 2° Les personnes qui conduisent à la main un cycle ou un cyclomoteur"
    Les portions avec le panneau "fin d’itinéraire cyclable" avec le pannonceau "pieds à terre" sont des itinéraires piétons. L’article 228-2 du code de l’environnement n’est donc pas respecté à ses endroit car il n’y a pas d’itinéraire cyclable.

    D’autant que s’il faut déscendre de son vélo tout les 300 mètres, les cyclistes ne sont pas prêts d’arriver à destination. Onvoit qu’il n’ont pas assimilé qu’un vélo est un moyen de déplacement et que pour ce promener le dimanche.

    Et comme tu l’a dit mettre des places de stationnements juste devant le rabattement de la piste est très dangereux du fait du manque de visibilité.

    Il y a églement des endroit où il n’y a pas 1m40 de trottoir comme le prévoit la loi sur le handicap, car la piste cyclable prendre trop de place. On le voit sur notamment sur certaines de tes photos

    • Bonjour David,

      Il y a églement des endroit où il n’y a pas 1m40 de trottoir comme le prévoit la loi sur le handicap, car la piste cyclable prendre trop de place. On le voit sur notamment sur certaines de tes photos

      Oui en effet, je n’ai pas mesuré sur place mais il est fort probable que certaines parties du trottoir soient trop étroites.
      Se pose aussi la question du revêtement retenu comme l’avait souligné Nicolas et la présences des clous le long des bandes cyclables qui augmente les risques de chutes.
      Beaucoup de défauts secondaires que j’ai volontairement omis, me concentrant sur les principaux.

      Cordialement, Axel.

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